La Haye-de-Routot

Le feu de Saint-Clair

La Haye-de-Routot reste donc fidèle à la coutume qui veut que, le dimanche précédant la Fête-Dieu, les frères de Charité pillent abattre un peuplier, puis qu'ils le transportent sur la place de l'Église. Ces nêmes Charitons doivent se retrouver le jeudi de la Fête-Dieu à 4 heures du matin heure solaire) pour débiter le peuplier, et ce avec une grande rigueur, car il faut que les b ûches et les bûchettes aient des dimensions précises, au centimètre près. Ces bûches sont transportées ensuite près du mur du cimetière et empilées, en seize tas différents, le façon à pouvoir sécher. La veille du 16 juillet, les Charitons retournent en forêt de Brotonne, cette fois pour y chercher un mât de sapin vert d'au noms 15 mètres de haut et parfaitement droit. Le matin du 16 juillet, fête de la Saint-Clair, va être édifiée autour de ce mât la pyramide le bûches et de bûchettes jusqu'à ce qu'elle atteigne 15 mètres de haut, et tout en haut du mât sera plantée la croix couverte de roses. Bûches et bûchettes devront brûler ,sans que le mât ni, surtout, la croix ne souffrent des flammes, sous peine de catastrophe nationale »dans l'année tout doit être achevé à midi, puis quatre sardes en armes s'installent aux quatre coins de la pyramide et y resteront toute la journée, jusqu'à la mise à feu. À 20 heures (heure solaire), le curé de la paroisse réunit pour une cérémonie chantée tous les fidèles - notamment les Charitons au grand complet, portant chaperon rouge brodé d'or - que peut accueillir la petite église de cette commune de 175 habitants. D'innombrables visiteurs attendent à l'extérieur la procession, qui, à l'issue de la cérémonie, se dirige vers le bûcher. Le curé ayant béni celui-ci, c'est avec le cierge de saint Clair qu'on allume la paille placée au pied du bûcher. La foule recule de 10 mètres pour ne pas être atteinte par les « grandes gerbes d'étincelles qui trouent la nuit ». Au bout de trois quarts d'heure environ, quand il n'y a plus de danger, le maître de Charité donne le signal au garde champêtre pour qu'il fasse rouler le tambour. Alors, on voit la foule se précipiter sur les tisons, pour s'en saisir à l'aide de touffes d'herbe fraîche. Les tisons éteints trôneront ensuite sur les cheminées des foyers du Roumois (région située au sud de la Seine, entre Rouen et Pont-Audemer), car ils ont la réputation de protéger la maison contre la foudre.

(Renseignements au 02 35 3723 16)

 

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