Le
mariage des Rosières
Actuellement,
les festivités s'étalent du vendredi au dimanche. Le vendredi
soir, tout commence par une retraite aux flambeaux, suivie d'un feu
d'artifice et d'un bal populaire ouvert par les futurs mariés,
la «rosière » et le « rosier ». Le samedi,
on célèbre le mariage des deux promis, selon un rituel
fidèle à la coutume établie. Dans la Maison des
rosières, la fiancée revêt la robe blanche traditionnelle
et la très belle coiffe mothaise, ou caillon, créée
vers 1880. On lui passe autour du cou le médaillon de Charles-Benjamin
Chameau, bienfaiteur à l'origine de cette fête des Rosières.
Puis, l'héroïne du jour rejoint le cortège nuptial,
qui, précédé de la fanfare municipale et entouré
des membres d'un groupe folklorique en costume du pays, va de la Maison
des rosières à la mairie, où est célébré
le mariage civil. Ensuite, au bras de Monsieur le Maire, la jeune mariée
reprend sa place en tête du cortège, que ferme le nouveau
marié. Ils se rendent à l'église pour le mariage
religieux, avant de retourner toujours en cortège à la
Maison des rosières, « au balcon de laquelle - après
lui avoir remis sa dot - Monsieur le Maire présente la mariée
aux Mothais et à tout le peuple rassemblé pour la circonstance.
Le "rosier" rejoint alors sa "rosière" sur
le balcon et échange avec elle, en public, son premier baiser
d'époux ». Le soir, on fête les mariés au
cours d'un dîner dansant. Le dimanche après-midi, une cavalcade
rassemble des chars de plusieurs groupes folkloriques, certains locaux,
mais aussi d'autres, roumains, ukrainiens, mexicains...C'est à
saint-Médard, évêque de Noyon, que l'on attribue
l'institution de la première rosière, à Salency,
en 530. A l'origine, le prix de la vertu de la rosière est une
simple couronne de roses, puis, la coutume s'étendant à
d'autres communes de France, on y ajoute un bijou et une peite dot.
À La Mothe-Saint-Héray, dès 1594, de Rochechouart
de Mortemartre lègue par son testament "quarante écus
entre plusieurs pauvres filles à marier de la paroisse ".
Au siècle dernier, Benjamin Chameau, ancien avocat barreau de
Paris, après avoir accordé quelques legs particuliers
à des hérétiers indirects, serviteurs, enfants
d'ami bureau de bienfaisance, désigne ce légataire universel
un établissement perpétuel destiné à doter
trois rosières d'une somme correspondant, à l'époque
à peu près au salaire annuel d'un ouvrier. En 1994, la
somme était de 9 000 francs, plus quelques autres dons (2 500
franc et des cadeaux (voyage de noces, électroménagers...).
Avec l'évolution des moeurs, la difficulté pour le comité
de la fête n'est pas tant de trouver une vierge, que de depuis
longtemps il ne recherche plus, que de trouver tout simplement une volont
Et, dorénavant il est exceptionnel de voir se marier plus d'une
rosière chaque année.
(Renseignement
au 05 49 05 19 19)