La nuit du Petit Saint Jean

Précédé de son étendard, de ses porteurs de torches, des tambours, des hallebardiers, des consuls, des commandants d'armes, du porte-clefs de la ville, des porte-flamme des grandes familles, de l'étendard du Québec et du Prince à l'agneau, le cortège du petit saint jean de l'année précédente, porté à cheval par le Capitaine pontifical, franchit le portail sud de l'église Notre-Dame. Au son des tambours de la ville battant la marche processionnelle et éclairé par les porteurs de torches, le cortège du petit saint jean se dirige vers le château de Simiane. Dans la cour d'honneur du château, les sonneries des trompettes pontifical annoncent le début de la cérémonie. Le petit saint jean de l'an passé transm nouveau petit saint jean (enfant âgé de 5 ans) sa bénédiction et sa croix, emblème de royauté. On présente ensuite au nouvel élu l'étendard du roi des Bouviers et l'étendard personnel de saint jean. L'étendard du Québec lui est présenté un jeune page venu spécialement de la Province. Puis les moinillons lui apportent les offrandes de toute la population. Le Prince à l'agneau montre enfin l'agneau Dieu au petit saint jean et à la foule, juste avant la présentation des 30 étendards corporations et confréries. Le petit saint-Jen clôture la cérémonie en bénissant, pour la première fois de son règne, la foule réunie sur la grand-place. Le cortège du petit saint jean - auquel viennent s'ajouter les cavaliers, le roi des Bouviers et ses gens, et le char de l'agriculture - quitte la cour d'honneur du château de Simiane, pour commencer un long périple dans les rues et les grandes artères de Valréas. Précédé du Prince prince de l'agneau et entouré de ses 40 moinillons le petit saint jean de sa litière bénit « sa ville et la foule massée sur son parcou Sur une partie du trajet, le grand cortège déroule à la seule lueur des torches, ajoutant une touche féerique à la manifestation. Avec son immense cortège de 400 personnes le petit saint Jean ayant parcouru et béni sa ville, il revient au château de Simiane. Pour l'apothéose finale, il est installé sur son trône entouré des gens de sa maison des dignitaires, des flammes des grandes familles, de sa bannière et des 30 étendard personnels, de celui du roi les Bouviers, de celui du Québec, des 10 étendards des confréries, du Prince Ifagneau, du porte-clefs de la ville, les porteurs de litière. L'ombre descend doucement sur eux. Et le petit saint jean retourne à la légende, protégeant Valréas pendant la durée de son règne, jusqu'au 23 juin de (année suivante. Mais il semble que, dès le lendemain de la fête, il soit possible de retrouver, en flânant dans les ruelles, la maison du petit saint Jean, qui, traditionnellement, doit être décorée de bleu et de blanc.

C'est la vénération particulière de contrée pour Martin des Ulmes qui fait de cette nuit, la plus courte de année, une des plus belles aditions de Provence. Élevé sur le siège épiscopal de saint-Paul-Trois-Châteaux en 37, Martin des Ulmes honorait un diocèse par une vie emplaire et une sage ministration. Frappé de la lèpre, s'est retiré dans une maison de pagne près de Taulignan. À sa mort, une chapelle est bâtie, dédiée à son souvenir, où ses reliques (objet de la vénération de tous fidèles. » En 1398, à la suite de nombreux pillages, les précieuses relitiques sont confiées au père Garcin, gardien des cordeliers de Varéas, ville fortifiée et judicature majeure du comtat. La caisse de bois ciselé qui les renferme est cachée, enfouie dans le sol de (église pendant tout un siècle. En 1498, au cours d'une importante cérémonie, les reliques sont déposées dans une châsse d'argent placée sur (autel majeur et ainsi offertes à la dévotion des fidèles. Valréas pense avec bonheur avoir « son » saint et organise en son honneur, le jour de la Saint-Jean, un grand cortège qui parcourt la ville au milieu des manifestations de joie et des feux de la Saint-Jean, qui lancent leurs flammes sur les places et les carrefours. Mais bientôt Taulignan réclame les reliques et menace de venir les reprendre par la force. Alors la garde de la procession est de plus en plus renforcée jusqu'au jour où, la menace devenant plus pressante, Valréas décide de ne plus sortir "ses" précieuses reliques du couvent des cordeliers. Cependant, la fête est si bien ancrée dans le cour de la population qu'il ne peut être question d'y renoncer. On commence à substituer aux reliques, lors de la procession, un saint Jean-Baptiste en image ou en statue (nul ne le sait exactement), puis on finit par adopter l'image bien vivante du saint enfant, le fameux petit saint Jean. Après quelques interruptions dues à diverses calamités, la fête reprend toujours ses droits ; mais peu à peu elle perd de sa splendeur... En 1945, un comité de relance de la Saint-Jean décide que la cité fête sa liberté reconquise par un cortège de plus belle et plus grande allure. Il faudra attendre 1954 pour voir vraiment la nuit du Petit Saint Jean resurgir du passé.

(Renseignements au 04 90 35 04 71)


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